mercredi 4 mars 2009

Djenneni

Djenneni est un village animiste avec une petite couche de vernis musulman à 12 km de la ville de Niéna. C'était notre dernière soirée d'évangélisation, la veille de mon départ pour Bamako. En fin de journée, nous avons pris la piste, plutôt en mauvais état. Il nous fallait presqu'une heure pour arriver. Le pasteur Salifou Koné de Sikasso est le seul chrétien orginaire de ce village. Il parle parfaitement la langue locale, le Gana. Quelle merveille déjà le dimanche au culte à Niéna de prendre conscience que Dieu a aussi aimé les Ganas quand Jésus est mort à la croix. Nous sommes donc arrivés dans ce village avec ses maisons construitres en briques d'argile et ses toits des greniers en paille. Nous avons salué la famille, puis le chef de village qui nous a donné la permission pour la projection du film.

Arrivés sur la petite place, nous avons monté l'écran et le projecteur. Une cassette diffusait des chants chrétiens et les habitants commençaient à arriver. Le soleil s'était couché depuis plus de deux heures et la place remplie de monde dans les coins les plus réculés : facilement 500 personnes, probablement d'avantage. Cela veut dire que plus de la moitié du village était sortie pour voir le film. J'ai remarqué que les jeunes avaient une assez bonne connaissance du Français. Une fille, Awa Koné (presque tout le monde s'appelle Koné dans le village), aurait bien voulu rentrer avec moi, mais je lui ai expliqué que je suis déjà marié. Elle m'a demandé si nous ne prenions pas plusieurs épouses ? Je lui ai donc répondu que Dieu a créé un homme et une femme, c'est pourquoi les chrétiens sont monogames. Elle approuvait cette pensée, dans son coeur je lisais le désir de se marier à un seul homme, quel sera son avenir ? Un jeune garçon voulait bien devenir ministre de l'environnement, le pays en a certainement besoin ! Formidable de voir des jeunes qui rêvent de leur avenir, d'un avenir meilleur pour eux et leur pays. Et Dieu n'appelle-t-Il pas des gens de villes et villages reculés, comme Jésus qui venait de Nazareth ?

Salifou a bien accueilli tous les habitants, puis il a fait chanté tous les enfants : "Jésus est levé, Satan est terrassé, alléluia !". Ils ont bien chanté, d'abord en langue Gana, puis en Français, leur chant accompagné de gestes. Puis le pasteur m'a présenté et j'ai donné le message d'introduction. Tout le monde écoutait avec intérêt. Après une courte présentation du film, j'ai parlé de l'importance de prendre une décision pour avancer dans la vie, puis du changement dans la vie de celui qui ouvre son coeur à Jésus-Christ. Puis, nous avons projeté le film "Le Combat" qui retrace la conversion de Dansou. Dansou est né dans une ville côtière de la Côte d'Ivoire, il s'est donné à Jésus après beaucoup d'hésitation et de réflexion. Suite à cela il a dû faire face à la réaction de son épouse, au rejet de sa famille, à l'opposition du féticheur et même au poison répandu sur son chemin pour le rendre gravement malade. Dans toutes ces situations, le Seigneur l'a protégé et il a vu Sa puissance contre les forces occultes et les dangers. Ce film démontre aux villageois qu'ils ne doivent pas avoir peur. Beaucoup ont peur de se convertir : de la réaction de la famille, de la pression sociale des "vieux", du pouvoir des fétiches. Jésus libère. C'est un film africain qui correspond bien au vécu dans les villages.

Après le film, pasteur Salifou a repris la parole et a donné le message de conclusion, parlant avec une voix posée et une grande confiance. Il n'est pas le type exalté, mais un pasteur qui apporte la parole avec conviction. Beaucoup ont été touchés. Lors de son appel, beaucoup de jeunes et des enfants ont levé la main pour croire en Jésus (photo). Puis il a prié, et j'ai entendu la foule reprendre la prière de Salifou, phrase après phrase, à haute voix, pour revevoir Jésus comme Sauveur et Seigneur. Puis, il a demandé à ceux qui ont prié de s'avancer (photo) : cela est plus difficile, surtout pour les personnes plus âgées. Généralement elles n'osent pas, même si elles le voudraient bien. Une centaine d'enfants se sont levés et un autre pasteur a prié pour rendre grâces et les bénir. Demain, un ancien et son épouse qui habitent un village proche reviendront pour faire le travail de suite. Le pasteur Salifou aussi a promis de revenir bientôt pour affermir ceux qui ont pris une décision.



Quelle sera la suite ? Nous avons été accueillis les bras ouverts, invités à prendre un repas dans la famille. Ce qui m'intéresse, c'est de trouver ici une Eglise quand - Dieu Voulant - je reviendrai à une prochaine occasion. Priez pour le village de Djenneni !

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